Ce samedi 29 janvier,  25 membres du TPB ont randonné sur 12 km dans les rues et les parcs de Pessac dans le but principal de découvrir deux fleurons de l’habitat social ayant marqué l’histoire du XXè siècle à  Pessac : la Cité Frugès-Le Corbusier (années 20)  et la cité des Castors (années 50). 

La cité ouvrière Frugès a été construite entre 1924 et 1928 (arrivée du premier occupant en 1930) à l’initiative  du puissant industriel Henri Frugès, esprit altruiste et curieux de tout,  qui souhaitait loger les employés de son usine sucrière dans des logements modernes, confortables et pour un prix de revient abordable. Il fit appel à l’architecte Le Corbusier (rien que cela !) dont la notoriété commençait à percer, Frugés lui servit en quelque sorte de mécène. Le projet était un ensemble de 127 maisons mais 51 seulement purent être construites sur une vaste  prairie qu’il venait d’acquérir près de la voie ferrée à Pessac. La technique utilisée fut celle du béton armé permettant une construction standardisée et donc un coût limité, cela évitait aussi les murs porteurs intérieurs, ce qui permettait un agencement modulable selon les désirs des occupants.  La cité Frugès qui occupe les rues Frugès et Le Corbusier à Pessac est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco avec 16 autres réalisations (dispersées  sur 3 continents) de Le Corbusier.

Cliquer sur chaque photo pour l'agrandir (notamment si vision sur ordinateur).

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 Plusieurs types de maisons (avec un ou deux étages) furent édifiées : « Arcade », « Gratte-ciel », « Quinconces », « Zig-zag », « Jumelles »  etc… Points communs : formes géométriques épurées inédites à l’époque, toitures en terrasse accessible,  larges fenêtres horizontales en  « bandeau » assurant une bonne luminosité, espace ouvert pour garage potentiel en RDC, façades colorées, eau courante et sanitaires intérieurs, chauffage de toute la maison par poêle central… donc maisons avant-gardistes à l’époque et destinées à des foyers modestes ! . Plus tard les maisons furent vendues, de nombreux acquéreurs ont eu le souci de respecter (ou de restituer)  l’esprit de Le Corbusier  lors des rénovations.

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Ci-dessous : La randonnée s‘est terminée par un arrêt à la Cité des Castors construite à partir de 1949 par ses futurs occupants (à l’image des castors qui construisent eux-mêmes leur abri…),  sous l’impulsion d’ Etienne Damoran, un prêtre ouvrier bordelais. Solidarité, persévérance et courage ont été les maîtres mots du  collectif d’ouvriers (COL) crée pour l’occasion. Ceux-ci avaient pour seule  ressource leur volonté pour construire, qui fut quantifiée en un nombre précis d’heures de travail : cela fut désigné par le vocable « l’Apport Travail » et  servit de caution pour les banques !. Ainsi ce collectif d’ouvriers put se prendre en charge pour accéder par ses propres moyens à un logement confortable, en pleine période de pénurie de logements.  La cité des Castors de Pessac fut le symbole de la volonté des ouvriers à accéder au logement. Elle fait désormais partie de la liste du « Patrimoine du XXème siècle ». 

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Merci à Catherine qui a organisé et guidé cette journée découverte,  jalonée par la découverte de deux exemples émouvants du logement social passé. 

Roger V.