Située au bord de la Dordogne, la cité a un riche passé historique. Fondée au IVe siècle par la famille des Paulin, tout d’abord centre commercial très important, elle devient par la suite une ville fortifiée. Au début du Ve siècle, les Wisigoths envahissent l’Aquitaine et s’installent dans la région. Puis au cours des siècles suivants, elle connaît l’invasion des Mérovingiens, des Gascons, des Sarrazins, des Carolingiens et des Normands. Puis la féodalité fait son apparition aux IXe et Xe siècles. C’est aussi une période de conflits armés entre les seigneuries qui naissent autour de grandes familles : les Lansac, les Mérignac, les Pessac… Les châteaux-à tours en bois, bâtis sur des buttes de terre, émergent un peu partout. Les vestiges des époques mérovingiennes et carolingiennes ont disparu. Les XIe et XIIe siècles apparaissent comme les siècles du renouveau : expansion démographique et un renouveau religieux. Pour pouvoir se nourrir, les populations dépendantes des seules ressources vivrières produites selon des méthodes ancestrales, procèdent à la mise en culture de nouveaux territoires gagnés sur la lande, les marais ou la forêt sous la protection et avec les faveurs des seigneurs. La culture des céréales se développe, les grains étaient donnés à moudre dans les moulins à eau disséminés le long des cours d’eau autour de Bourg.

L’église de St Saturnin de La Libarde :

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Une église dédiée à saint Saturnin existait à la Libarde dans la deuxième moitié du XIe siècle. Elle était très probablement construite sur le site d'une villa gallo-romaine et la crypte serait une partie d'un temple carolingien.

Il ne reste que des vestiges de l'église, mais sa crypte, dont les dernières modifications datent de la deuxième moitié du XIe siècle, est intacte. Les vestiges de l’église, la crypte et l’enclos du cimetière sont inscrits aux Monuments historiques en 1965.

Au XIIIe, Bourg développe son rôle de cité jusqu’à s’affranchir des pouvoirs royaux et seigneuriaux en obtenant le statut de commune, le 16 décembre 1261, sous Henri III, à l’image des cités italiennes. Les pouvoirs rattachés au roi étaient enfin délégués à la collectivité locale ; les magistrats appelés Jurats étaient élus par les bourgeois de Bourg. Mais le roi désignait toujours le maire. Bourg constituait un point capital de défense de l’Estuaire. La cité suscite l’intérêt de tous les soldats avides de faire sauter le verrou de Bordeaux qu’elle constitue. En 1325, Bourg est un réel arsenal où charpentiers et autres corps de métier s’affairent à réparer ou construire les machines de guerre (trébuchets, catapultes en tout genre) avec leurs munitions….de pierre ! Bourg est alors un des trois arsenaux de Guyenne. Au XIVe, en 1327, le jeune Edouard III d’Angleterre (15 ans) veut obtenir la pleine souveraineté sur la Guyenne. C’est le début de sanglantes chevauchées du roi de France contre l’Aquitaine. La peste (1348) s’en mêle : elle décime les populations et les armées. Au gré des guerres de territoires, des centralisations de pouvoirs, des héritages, l’Aquitaine s’affaiblit. En 1379, les Bordelais sentant qu’ils ne peuvent plus guère compter sur leur roi-duc, créent une alliance étroite avec huit villes fortifiées voisines qui deviennent ses « Filleules » : Bourg (première filleule), Libourne, Blaye, St Macaire, Rions, Cadillac, Saint Emilion, Castillon. Mais le roi de France Charles VII eut gain de cause en 1451. La Guyenne était reconquise.

louis2Au XVe, en 1453, le roi autorisa la ville de Bourg à arborer les armes royales de France. La famille de LANSAC, omniprésente au XVIe siècle, puis le duc d’EPERNON, contrôlent la ville avant que Mazarin, Anne d’Autriche et le futur roi Louis XIV n’en fassent la « capitale de leur royaume » au mois de septembre 1650. La fronde réprimée, la ville turbulente subit la rancune du prince qui fit alors abattre sa citadelle et ses remparts. XVIIIe siècle : Bourg commerçante est calme et soucieuse de son embellissement et de l’exportation de ses vins.

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La Maison Mauresque fait partie des curiosités de la ville de Bourg. Etonnante et pittoresque de par son architecture, elle date du XIXe siècle du côté Dordogne et du XVIIIe siècle du côté rue. Quelle surprise de découvrir cet édifice au style oriental au milieu de la petite ville girondine ! La villa serait l’œuvre d’un homme vivant dans les colonies, qui, de retour à Bourg, aurait décidé de modifier la façade de sa maison pour perpétuer son rêve d'exotisme.

XIXe siècle : Révolutionnaire modérée, Bourg traverse le siècle à l’écart du modernisme et des nouveaux moyens de transport qui auraient pu lui procurer une seconde histoire.

Le lavoir datant de 1828 :

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La fin du XXe et maintenant le début du XXIe, la trouvent toujours tournée vers la production de vins de qualité et vers de nouveaux débouchés, tels que le tourisme, avec l’arrivée des croisières fluviales, l’artisanat d’art ainsi que des services de télétravail.

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Merci Isabelle pour cette belle randonnée.

Sandrine