23 au 30 mai : Presqu'île de Crozon
Ce séjour se déroule du 23 au 30 mai dans la presqu’ile de Crozon, classée Réserve naturelle régionale pour sa richesse minéralogique et écologique. 24 randonneurs y participent.
Jour 1 : Pen Hir
Nous sommes accueillis à 17h00 au Village vacances de Pen Hir à Camaret-sur-Mer où un pot d’accueil nous est offert.
Cet hébergement est situé à l'extrémité de la presqu'île de Crozon, à 3 km de Camaret. Il dispose d’une piscine chauffée, d'un sauna et d'un hammam, d’une bibliothèque, d’un boulodrome, et toutes les chambres possèdent une terrasse avec vue sur la mer.
La plage, à 100 mètres en contrebas, nous attend jusqu’à l’heure de l’apéro. Après le dîner, nous partons en direction de la pointe de Pen Hir. En haut des 70 mètres de falaises de grès à pic, une croix de Lorraine en granit est érigée. Ce monument, construit entre 1949 et 1951, est un hommage aux Bretons qui ont rejoint la France libre à Londres après l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle. Le coucher du soleil la magnifie.
Jour 2 : de la Pointe de Pen Hir à Camaret (9 kms, dénivelé +/-200m)
Nous suivons le GR34 qui longe le littoral. Trois rochers isolés appelés les Tas de Pois s’éloignent en pointillés dans la mer d’Iroise. Du haut des falaises, nous apercevons sur notre gauche la pointe de Dinan, celle de Saint-Mathieu à droite et celle du Toulinguet avec son phare, en arrière de Ménez-Hom.
Abrité dans l’un des nombreux blockhaus de la batterie de Kerbonn (qui servait à protéger la rade de Brest du XIXe siècle à la fin de la Seconde guerre mondiale), un Musée Mémorial est consacré à la Bataille de l’Atlantique. Ses abords présentent d’énormes ancres de bateaux sur lesquelles sont gravés des écrits de Pierre Paul Roux, alias Saint-Pol-Roux, poète symboliste pré-surréaliste.
Le sentier nous offre un joli point de vue sur la pointe de Saint-Mathieu et nous mène aux ruines du manoir du Boultous (ou manoir de Coecilian), ancienne demeure de Saint-Pol-Roux. Bâtie en 1904, elle est détruite par les bombardements alliés durant la seconde guerre mondiale.
Plus loin, nous apercevons à notre droite la pointe du Toulinguet depuis le sentier qui nous mène à l’anse de Pen Hat. La plage est un lieu idéal pour pique-niquer sur les rochers à l’abri du vent.
La chaleur et un état de fatigue de certains nous contraignent à abréger la randonnée initialement prévue et la réduire à 9 kms. Nous retournons au Village de vacances pour profiter de la plage (eau à 15°) ou de la piscine chauffée l'après-midi.
Bernard, animateur au Village, propose une soirée "diaporama" pour nous faire découvrir les curiosités de la région. Elle sera suivie d'une partie de pétanque pour les aficionados...
Jour 3 : Cap de la Chèvre (boucle de 12 km, dénivelé +/-200 m)
Nous nous rendons en voiture au parking du sémaphore au Cap de la Chèvre, pointe sud de la presqu’île de Crozon.
La vue sur la baie de Douarnenez est magnifique. Le sentier côtier qui mène à Morgat traverse une lande rase où poussent bruyères et ajoncs. Quelques pins maritimes et buissons s’accrochent aux falaises. Passé un petit village aux maisons basses typiques en grès, avec toits d’ardoise (ils étaient jadis en chaume), nous redescendons vers la côte surplombant de jolies plages avant de reprendre les voitures pour aller à Morgat.
Après un pique-nique à l'ombre des arbres, à côté du Musée des minéraux de Saint-Hernot, nous allons prendre un pot offert par le club dans un café du port de plaisance de Morgat. Nous y sommes attendus pour une balade en bateau dans l'Anse de l'Ile Vierge.
Le bateau pénètre dans la Grotte de l’Autel. Son nom est dû au bloc de granit rouge qui émerge au milieu de l'eau. Profonde de 80 mètres, c'est l'une des trois plus grandes grottes marines de la presqu'ïle
Les veinures et marbrures polychromes des parois, passant du vert émeraude au rose, blanc et lilas, offrent un spectacle éblouissant ! Scientifiquement, cette féérie de couleurs est le résultat de l’oxydation des minéraux ferro-magnésiens du grès armoricain et le fait d’algues encroûtantes...
Après le dîner, une soirée "Buzz-Quizz musical" est organisée.
Jour 4 : Le Ménez-Hom (boucle de 16 km, dénivelé +/-400 m)
Nous nous attaquons aujourd’hui à l’ascension du Ménez-Hom, point culminant des Montagnes Noires à… 330 mètres d’altitude !
Autrefois lieu sacré pour les Celtes comme en témoignent les mégalithes et les cairns rencontrés sur le chemin, c’est aujourd’hui un lieu classé Natura 2000. Le Parc naturel régional d’Armorique encourage l’éco-pastoralisme pratiqué par les éleveurs menant leurs troupeaux en transhumance dans les hauteurs pour entretenir la lande.
La montée est progressive et la récompense à l’arrivée est une vue panoramique à 360°sur tout le Finistère : la plage de Pentrez, la baie de Douarnenez, la presqu’île de Crozon, la rade de Brest, la vallée de l’Aulne, le pont courbé à haubans de Térénez, le canal de Nantes à Brest et le Yelc’h (sommet secondaire).
Nous sommes sur le Yed (sommet principal), joli lieu choisi pour notre pique-nique. Un peu de vent rend la chaleur supportable.
La descente se fait par l’autre versant, plus abrupte, pour arriver à la Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom dont la visite est commentée.
Sa construction s’échelonne du XVIe au XVIIIe siècle. Située sur le croisement de plusieurs routes, le lieu était particulièrement fréquenté lors des foires qui avaient lieu quatre fois par an, la principale étant celle de la Saint Hervé le 17 juin. Lors de ces foires, les dons affluaient et ont permis l’édification de cet ensemble architectural et artistique remarquable.
On entre dans l’enclos paroissial par un arc de triomphe daté de 1739 avec une statue de Saint Hervé. Le calvaire à trois socles en granite date de 1544 et supporte des statues en pierre de Kersanton. Le clocher-porche (1668-1773) se compose de trois rangs de balustres superposées, surmontées d’un dôme à lanternon.
La chapelle a été construite en trois étapes à partir du XVIème siècle, en granite puis en grès.
L’intérieur, d'une grande splendeur, est célèbre pour son remarquable retable baroque datant des années 1703-1710 et recouvrant toute la surface du mur du chœur. Il est entièrement en bois et a été restauré en 2010. Les statues représentant Saint Maudez, Saint Hervé, Saine Barbe et Saint Eloi sont en kersantite. Deux poutres sculptées supportant la voute, réalisées en 1575, représentent une scène de labours et la fuite en Egypte.
Après cette belle journée et un dîner gastronomique, Bernard nous propose une soirée « Magie ».
Jour 5 : Marche aquatique et visite guidée de Locronan
Rendez-vous à 10h au hangar pour enfiler les combinaisons. Un moniteur du Village de vacances encadre le groupe pour cette marche aquatique, initiatique pour beaucoup d’entre nous. Cela commence par un échauffement sur la plage et c’est parti pour trois quarts d’heure d’efforts et affronter les rouleaux !
Tous ont apprécié l’expérience, éreintés par cette épreuve mais heureux pour les émotions procurées.
Après un déjeuner au restaurant du Village vacances, l’après-midi est consacré à la visite guidée de Locronan.
Son patrimoine architectural, qui a été préservé, a permis au village d'être membre du réseau des Petites Cités de Caractère et des plus Beaux Villages de France. Autour de l'église, les toits sont des œuvres d'art. Le village a conservé une place centrale pavée et ornée d'un puits, la vaste église Saint-Ronan, des maisons Renaissance en granite avec des toits couverts en ardoise typiques de la région.
Au détour d’une ruelle on accède à la Chapelle Notre-Dame de la Bonne Nouvelle. Avec la Fontaine Saint-Eutrope et le calvaire, l’ensemble constitue un joyau médiéval renommé et classé au titre des Monuments Historiques. L'édifice a été remanié à plusieurs reprises au XVIe et XVIIe siècles, pour finir par son clocheton vers 1698. Cette chapelle et sa fontaine votive constituent la cinquième station incontournable du parcours de la Grande Troménie qui a lieu tous les six ans à Locronan.
Jour 6 : La pointe de Dinan (14 km, dénivelé +/-245 m)
Direction la plage de la Palue pour une randonnée en boucle à la Pointe de Dinan, au sud de Camaret.
La baignade est interdite sur cette plage à cause de la houle, des courants, et des baïnes fréquentes et dangereuses. Le sentier bordé de fougères envahissantes offre une belle vue sur la côte rocheuse et la mer d’Iroise. Nous pique-niquons sur un promontoire dominant la Pointe de Dinan. Une de ses extrémités, appelée « Château de Dinan », présente une arche naturelle tel un pont levis. Un goéland affamé nous tient compagnie. Au loin se profil la plage et l’éperon barré de Lostmarc’h où les Celtes s’abritaient du danger.
Bernard propose de nous initier aux danses bretonnes après le dîner.
Jour 7 : La Pointe des Espagnols (boucle de 15 km, +/-320 m) et visite de Camaret
Nous sommes aujourd’hui accompagnés par Bernard pour cette randonnée avec visite commentée, des fortifications de la pointe des Espagnols à Camaret.
La Pointe des Espagnols constitue l'extrémité nord-est de la presqu'île de Roscanvel, branche nord de la presqu'île de Crozon fermant la rade de Brest.
Cette pointe était très convoitée par l'Espagne à l'époque des guerres de religion. Une garnison d'Espagnols alliés de la Ligue Catholique a donc entrepris la construction d'un fort pour contrôler le trafic maritime dans la rade de Brest. Mais six mois après leur arrivée, les troupes d'Henri IV les passèrent tous par les armes.
La surveillance du goulet de Brest, haut lieu stratégique, a suscité la construction de nombreux ouvrages militaires, depuis la préhistoire jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. On peut y voir notamment la superposition des vestiges de batteries et d’éléments fortifiés construits au fil des siècles.
Nous suivons le chemin jusqu’à la Tour de la Pointe, construite en 1812-1813 à la demande de l’empereur Napoléon pour mieux protéger les batteries.
Nous profitons d'une jolie vue sur le goulet, dominé par le port et la ville de Brest.
Le sentier bordé de fougères, de digitales et autres vipérines de Madère nous mène, après une descente assez raide, à la batterie (ou Fort) de Cornouaille. Cette structure d’artillerie curviligne date du XVIIe siècle. Située sur la commune de Roscanvel, elle défend l'entrée du goulet de Brest.
Pas très loin se trouve le Fort des Capucins datant du XIXe siècle. Construit sur un îlot rocheux, il est relié à la côte de la presqu’île par un pont de pierre. Le site appartient au Conservatoire du Littoral.
Nous passons ensuite devant des abris pour munitions et terminons notre randonnée sur les falaises du Fort de la Fraternité couvert de graffitis.
L’après-midi est consacré à la visite de Camaret.
protégée par
Le "Sillon" de Camaret est une anse naturelle orientée au nord, avec la presqu'île de Roscanvel à l'est et la pointe du Grand Gouin à l'ouest. Elle est protégée par un amoncellement de galets et une digue, abritant le port Vauban et des monuments comme la chapelle Notre-Dame de Rocamadour et la tour Vauban.
Pendant plusieurs siècles, le port tira sa prospérité de la pêche à la sardine avant de se lancer dans la pêche intensive à la langouste, au début des années 1900. La concentration sur cette activité, plus rémunératrice, mais qui prit fin avec l’épuisement de la ressource et la fermeture de certaines eaux territoriales pour les pêcheurs bretons, entraîna une catastrophe économique. Les épaves des vieux bateaux de pêche terminent leur vie le long du Sillon, à la grande joie des photographes. Les installations rouillées d’un chantier de construction navale témoignent de l’intense activité qui y régnait il y a quelques décennies.
Haute de 18 mètres, la Tour Vauban ou « Tour dorée », construite de 1693 à 1696 par Vauban, est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Entourée d'un fossé et d’une batterie prévue pour 11 canons, elle avait pour fonction de surveiller l'entrée dans l'Anse de Camaret.
La chapelle Notre-Dame de Rocamadour (« roc’h am a dour » signifie « rocher au milieu de l’eau » en breton) a été construite en 1527 sur le « Sillon » de Camaret, au pied de la Tour Vauban, sanctuaire du XVIIe siècle.
Après le dîner, agrémenté d'un plateau de fruits de mer, Bernard se met à la sono pour assurer une soirée dansante endiablée.
Un grand merci à Catherine et Daniel pour l’organisation sans faille de ce séjour qui nous laissera des souvenirs inoubliables. .
Sylvie

/image%2F0963878%2F20260609%2Fob_7ae050_gr.jpg)